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DES ENFANTS MÂLES

Elle mit au monde un fils, un enfant mâle ; c’est celui qui doit mener paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé auprès de Dieu et son trône… Apocalypse 12 ; 5

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MOÏSE ET L'ÉGYPTE

Philippe de Champaigne « Moïse présentant les tables de la Loi » 1645-1663, Huile sur toile. Amiens, Musée de Picardie

Gravure illustration de Gustave Doré, la Bible Ancien Testament

Selon Charles Szlakmann, auteur de Moise, ces cornes sont en réalité le fruit d’une erreur d’interprétation de la Vulgate traduite par saint Jérôme :

« Les versets Hébreux mentionnent à trois reprises l’expression <karan or panaʋ>, « la peau de son visage était rayonnante ». Mais saint Jérôme a traduit <cornuta esset facies sua>« son visage était cornu ». Il a été victime de la proximité phonétique entre les mots hébreux <karan>, rayonner, et keren, corne.

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Extraits de l’introduction de Maurice Druon dans « Alexandre le Crand ou le roman d’un dieu »

On a souvent considéré Moïse comme étant de naissance illégitime, et il y a là plus qu’une présomption. Moïse était à coup sûr égyptien (voir, entre autres, les arguments fournis par Freud) et très vraisemblablement de race pharaonique, au moins par sa mère, c’est à dire d’un sang considéré comme divin. Son exposition au fleuve, son sauvetage, son adoption ou pseudo-adoption par une prêtresse fille de pharaon masquent une naissance clandestine.

Le récit biblique, assez bref et obscur, présente certaines identités manifestes avec un texte, d’environ quinze cents années antérieur, concernant le roi Sargon, fondateur d’une lointaine dynastie de Babylonie.

« Je suis Sargon, le puissant, le roi d’Agade. Ma mère fut une vestale ; je n’ai pas connu mon père… c’est dans ma ville d’Azupirani, sur les bords de l’Euphrate que ma mère se trouva enceinte de moi. Elle me mit secrètement au monde, me plaça dans une corbeille de jonc dont elle boucha les ouvertures avec de la poix et m’abandonna au courant où je ne me noyai pas.

Le courant me porta jusqu’à Akki le puiseur d’eau. Akki, le puiseur d’eau, dans sa bonté me sauva des eaux. Akki le puiseur d’eau m’éleva comme son propre fils… »

Le dépôt sur les flots, l’abandon sur une colline étaient en ces époques le moyen le plus constant de faire disparaître le fruit des amours coupables d’une prêtresse, ou encore de remettre à la seule sauvegarde des dieux une existence annoncée prophétiquement comme menaçante pour le pouvoir royale – ce qui dut avoir lieu également au sujet de Moïse. Sa mère semblerait avoir été plus habile, ou plus aidée, que la mère de Sargon. Elle aurait organisé à la fois l’abandon et la feinte découverte parmi les roseaux. L’enfant ainsi trouvé fut, d’après la Bible, placé en nourrice chez des Hébreux, autrement dit caché dans les quartiers pauvres.

Si l’on a jeté quelque regard sur l’Egypte antique, si l’on se représente la condition sociale dans laquelle les Juifs y étaient tenus ainsi que le caractère sacré de la famille royale et le carcan rituel qui enserrait les actes de la vie du palais, toute autre hypothèse paraît impensable.

Initié dans les temples, parvenu aux plus hauts degrés de la hiérarchie, Moïse soutint la cause d’une hérésie, ou tout au moins d’un schisme, se brouilla avec sa royale parenté, tua, se réfugia dans le désert, y eut la révélation de ce que le très-Haut attendait de lui, entraîna sur ses pas le peuple opprimé qui avait nourri sa première enfance et institua la plus rigoureuse, la plus tenace aussi, des grandes religions.

Pyramide de CESTIUS à Rome

Elle fut construite en réalité en 12 av. J.-C. et mesure 36,4 mètres de haut pour une base de 29,5 mètres de large.

Le style égyptien de la pyramide marque directement l’influence de la présence récente (30 av. J.-C.) de l’empire romain sur les terres des pharaons.

Moïse sauvé des eaux par Nicolas Poussin vers 1638

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Sebastien Bourdon, The Finding of Moses

Charles Poerson, 1609 – 1667

Peter Lely, 1618 1680

Paul Véronèse vers 1581

Adriaen van der Werff, 1659-1722

Charles de LA FOSSE 1701

Gravure illustration de Gustave Doré, la Bible Ancien Testament

Frederick Goodall, 1885

BARRIAS Félix-Joseph, 1822-1907

Edwin Long, 1886, huile sur toile, Bristol Museums and Art Gallery

Lawrence Alma Tadema, 1904

Alexandre et l'Egypte

mâles Alexandre entrée à babylone
mâles
mâles

Alexandre le grand, dont le passage météorique sur la planète détermina toute l’hellénisation du monde antique depuis l’Indus jusqu’à l’Atlantique, était un bâtard, également de filiation sacrée ; sa mère, à la fois princesse et prêtresse de Zeus-Amon, le lui chuchota au long de son enfance ; ses adversaires le lui lancèrent à la face lorsqu’il fut adolescent ; il le proclama lui-même, très orgueilleusement après que les oracles, dans le désert de Lybie, lui eurent confirmé la signification divine de son existence. Son rôle, prophétiquement annoncé, fut celui de libérateur de l’Egypte et de restaurateur du culte Amonien.

Des grands bâtards divins de l’antiquité, Alexandre de Macédoine est pour nous l’expression la plus saisissante. Il appartient aux temps historiques et non à ceux de la légende. Les abstractions des dogmes n’ont pas non plus voilé son visage.

Sa vie stupéfiante, si elle garde certains aspects mystérieux, nous est fort bien connue dans son déroulement. Ses courses, à première vue aberrantes, ont marqué le tracé nouveau d’une civilisation. L’énergie qui l’habitait paraît avoir eu d’autres limites que celles habituelles aux forces humaines. Ce n’est pas sans motif que depuis vingt-trois siècles son souvenir est maintenu, prodigieusement présent, dans l’univers.

Le sable n’a pas encore effacé la marque de ses pas ; des vingt-quatre villes qu’il fonda, nombre sont restées debout et portent toujours son nom ; les limites de ses conquêtes sont souvent demeurées jusqu’à nos jours frontières d’Etats.

Alexandre le Grand, qui mourut à trente-trois ans, était depuis sa naissance regardé par certains prêtres, initiés, et maîtres des oracles sur les deux bords de la méditerranée, comme le fils de Zeus-Amon. Les athéniens, avec la plupart des cités grecques, et les Romains eux-mêmes, le reconnurent officiellement comme treizième des dieux olympiens ; les Egyptiens le couronnèrent pharaon, les babyloniens roi. Les juifs virent en lui l’un des princes du monde, précurseur du Messie, désigné par les prophéties de Daniel.

Certains peuples de l’inde se sont inspirés de ses traits pour représenter le Bouddha auquel, avant le passage du conquérant, il n’avait pas été donné d’image. Certaines Eglises chrétienne primitives ont sanctifié Alexandre. L’Islam lui a fait place parmi ses héros sous le nom d’Iskander et aussi dans le Coran, sous celui de Doul-Carnaïn, l’homme aux deux cornes de bélier.

« Alexandre le Grand ou le roman d’un dieu » Maurice Druon

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Gustave Courtois , Octave au tombeau d’Alexandre le Grand, 1878, détails sur Alexandre

PROPHÉTIES AMON

Il faut savoir qu’il y a des années de l’univers comme il y a des années de la terre ; la grande année universelle enferme environ vingt-cinq mille de nos années, et elle est divisée en mois qui courent sur près de deux mille et cent ans.

On calcule ces mois de l’univers d’après le déplacement des équinoxes sur le cadran du Zodiaque ; les mois de l’univers parcourent les signes dans le sens inverse à celui des mois de la terre.

Ainsi, dans les mois de l’année terrestre, la Vierge succède au Lion et le Capricorne au Sagittaire, alors qu’en l’ordre de l’année universelle, le Sagittaire succède au Capricorne et le lion à la Vierge.

Ceci révèle qu’à tout mouvement correspond son contraire et que les semblables qui tournent en sens inverse sont la manifestation même de la vie dans le visible comme dans l’invisible.

Il faut savoir que chaque mois de la grande année universelle est appelé un « temps » et est gouverné par l’un des douze signes. L’année terrestre s’achève dans les Poissons et renaît dans le Bélier ; l’année de l’univers, elle s’éteint avec le temps du Bélier pour recommencer aux Poissons. Le passage du « temps » du Bélier à celui des poissons est marqué dans le ciel par une disposition des astres qu’on nomme une configuration de fin des temps ; ce qui ne signifie pas que le monde va être détruit mais que les douze temps sont révolus.

Il faut savoir que les choses que je conte ici se sont accomplies vers la fin du douzième temps, celui du Bélier, qui avait succédé depuis dix-sept siècles déjà au temps du Taureau et n’avait plus que trois cent cinquante années environ à courir, avant la nouvelle année du monde.

Il faut savoir que le principe du Bélier en Egypte est représenté par Amon.

Mais il ne faut pas dire qu’Amon et Amon-Rê sont la même chose, car Rê est la représentation divine de l’année complète du monde en son royal maître, le soleil, et Amon-Rê est le principe de Rê dans le temps précis du Bélier. Ils se trompent aussi ceux qui croient que Rê est le dieu suprême des Egyptiens, comme se trompent également ceux qui croient que les Egyptiens ne connaissent pas de dieu suprême, unique créateur ; car Rê, principe divin du soleil, s’il est le plus grand des dieux manifesté dans notre ordre, n’est lui-même que création de l’Unique Inengendré, du tout qui n’est pas l’un mais la source de l’un, du dieu trop grand pour recevoir un nom et être même appelé dieu.

Il faut savoir que Zeus-Amon, dans les pays de Grèce, est le principe correspondant à Amon-Rê dans le pays d’Egypte, comme ailleurs Amon-Naïos, et Mim-Amon, armé de la foudre, et Bel-Mardouk en Babylonie ; ce sont tous les visages du même dieu-temps pour les différentes terres de son culte.(3) Tous les sanctuaires d’Amon-Rê et de Zeus-Amon ont toujours été en relations par leurs prêtres, et en cette époque-là plus que jamais, à cause des prophéties dont nous étions instruits…

(3) Le culte c’Amon, représenté par une idole à tête de bélier, apparaît brusquement en Egypte environ deux mille ans avant notre ère, c’est à dire au début du « temps » astrologique du Bélier. Les pharaons changent alors de désignation et cessent de s’appeler Mentouhotep (Mentou ou Montou : le taureau) pour devenir Amenemhat ou Amenemmès, ou plus tard Amenhotep.

Jamais plus la racine Montou ne sera employée dans leur qualification, mais très souvent la racine Amon. Le passage s’effectue dans le Moyen Empire, entre la XIe et la XIIèmè dynastie.

On peut constater aussi que les chronologies conservées des dynasties babyloniennes commencent aux environs de l’an 2000 av. J.-C. ; de même pour la chronologie des rois d’Assyrie.

La notion d’ère astrologique est partie intégrante de la théologie astrale des anciens. Elle régit leurs cultes, dirige leurs prophéties, influence leurs sciences ésotériques et leur conception de l’Histoire.

La fin de l’ère du Bélier était prévue par les apocalypses égyptiennes et la venue du Messie n’était pas seulement annoncée par les prophètes juifs ; les premiers chrétiens prirent le symbole de l’ère nouvelle, celle des Poissons, comme signe de reconnaissance, avant de prendre le symbole de la croix.

 Les changements d’ère semblent s’accompagner de perturbations atmosphériques et telluriques. Le séisme qui se produisit en Palestine au temps de la passion du Christ ne paraît pas un phénomène isolé. Les Evangiles apocryphes nous apprennent qu’au temps où Jésus fut en Egypte de nombreux temples s’écroulèrent.

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Note 38 : Le Cérémonial du sacre pharaonique s’est transmis presque intégralement jusqu’à nos jours, et même certains objets qui servaient au couronnement des rois d’Egypte continuent d’être rituellement utilisés.

La « sedia gestatoria » sur laquelle le pape est porté en procession des pharaons qui d’ailleurs s’appelait une sed.

Les grands éventails de plumes d’autruche agités devant le souverain pontife et dans une région où ni l’excès de la chaleur, ni l’abondance des insectes, n’imposent un tel usage, sont pareils à ceux dont on éventait les souverains d’Egypte.

La tiare pontificale elle-même reproduit la forme d’une des coiffures sacerdotales du pharaon. Il est même à noter que la tiare papale jusqu’au début du XIVe siècle n’était décorée que de la double couronne ; ce fut seulement Jean XXII, pape fort versé en magie et en science initiatique qui ajouta à l’emblème le troisième règne.

Les ornements pectoraux des princes de l’Eglise sont également des survivances de l’Antiquité Egyptienne.

Les sacres des souverains temporels n’ont pas conservé avec moins de fidélité les rites magiques égyptiens. Les rois de France jusqu’au siècle dernier ont été couronnés selon un cérémonial qui reproduit assez bien dans ces actes et son déroulement le cérémonial pharaonique, et dans le couronnement de l’actuelle reine d’Angleterre, dont la télévision et le cinéma ont porté les images dans le monde entier, on pouvait reconnaître de nombreux gestes et éléments de liturgie qui ont servi déjà pour Touth-Ank-Amon et pour Ramsès II.

« Alexandre le Grand ou le roman d’un dieu » Maurice Druon

GANIMED

par Anibal Amiot

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CRÉDITS

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CONCEPTEUR WEB

www.freddymotion.com

Freddy Lavaury

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REMERCIEMENTS

Marie-Laure Pannier

Alexandre Tissot